samedi 29 avril 2017

La sirène de Guernica





cette fois
elle chasse la peur
écarte le feu
se fait balafre utile
aux désertés de l'Histoire

quatre minutes
elle vrille perce
un vieux crie
il était l'enfant
courant arrêté
loin du cou de sa mère
photo de famille en attente
la rue doutait
en robe de lambeaux

à rebours
le vieux chêne
garant des fueros
tremble
des mains fraîches
fouillent ses feuilles reverdies

la ville brûlait
elle brûle encore
une seule note scie l'air
lancinante compagne
des tombes du cimetière
sirène de mort
à la vie revenue

Retrouvée dans l'usine d'armement la sirène de Guernica a de nouveau retenti le 25 avril 2016 en hommage aux réfugiés syriens, puis le 25 avril 2017

samedi 15 avril 2017

Préoccupation écologique







nous sommes cellules
d'air et d'eau
nous respirons
affluant refluant poreux
peau épousée au cosmos
la chlorophylle cousine
le poil le gypse l'herbeux
en ascendants lointains
même mère lumière

pourtant
malgré Lascaux
les grottes ne sont pas pour nous
et pourtant
de nos villes s'enfuit la météo

les nuages ne nous parlent plus
le déluge est analphabète
qu'écrivent les pluies en gorgeant nos semelles

absents des rayons du soleil
nous ignorons la structure d'un flocon de neige
le poids de son poids
qui annonce comment demain sera





14 avril 2017
l'écologie absente de lacampagne préidentielle

vendredi 14 avril 2017

Marche noire



des jupes noirs envahissent la rue
des jambes gainées de soie
des bibis couleur jais
des voilettes de veuves
du khôl du mascara
des gants teintés aux contes d'Edgar Poe
pour tenir les pancartes
un noir qu'elles s'imposent en drapeau

nul ne conduira leur vie
ce que le noir dit
sur leurs corps en grève
elles veulent marcher
dans la rue sur les plages
se maquiller le cul la bouche
se crotter en bottes de ferme
enfanter ou pas
des poétes
Dan Fante Rimbaud
ou de mauvais rimeurs
des filles belles des filles moches
des enfants qui demain
ne les opprimeront pas




3 octobre 2016, grève des femmes polonaises manifestant en noir
contre un projet interdisant l'avortement

On crie

on crie on crie on crie
on s'époumone on Podemos
on s'échauffe on se gratte
on réclame on Syriza

on a envie de quelque chose

comme un lac ombragé
où des batraciens s'ébattraient
toutes pattes mêlées

où l'on bâtirait sans détruire
sinon les faux argumentaires
les appétits indus

quelque chose de neuf
qui pourrait sembler vieux
voire très vieux

pareil au temps apaisé
où l'on ne pensait qu'à
crier de vallée à vallée
de désir à désir

en attendant
on marche on cherche on crie
et l'écho baliverne
renvoie à des urnes trop pleines

ne pas prier
ne pas plier
au moins crier


programmes électoraux pour l'élection présidentielle française du 23 avril 2017

jeudi 30 mars 2017

Esplanade Beaubourg





Dans l'angle mort
D'un temps de rien
Quatre ragazze
Montent les marches
Comme Cardinal

Bouche entrouverte
Souples serpents
Elles assoiffent
Jusqu'au béton

Tête à l'envers
Des garçons s'osent
A regarder
Ecartelés

Qu'elles dépassent
Traits d'hirondelles
Eux foudroyés
Dans l'escalier



27 mars 2017, Paris, esplanade Beaubourg

mardi 28 mars 2017

Beaubourg en grève

Beaubourg en grève
On boit un coup
Dans les réserves
Verre bleu Klein
Rouge Matisse

Beaubourg en grève
Pieds poings fermés
L'heure où jamais
De faire rêve

Pour toi poète
Une occasion
De parvenir
Sur le parvis
A étaler
Ta propre crème

Que tes vers libres
Touchent les coeurs
Derrière les grilles
Du salariat





27 mars 2017, mouvement social au musée Beaubourg

jeudi 23 mars 2017

Famine





Un bruit

Un bruit d'os qui se brise



Un souffle

Clou au cou de la mère



Un cri

Comme du sable crissant



La pluie

Ne remplit plus le puits

Glouglous enfouis

Amours enfuies

Le puits

N'a plus de point d'appui



Les corps
Meurent au-delà des corps

Avant
On craignait les fantômes


22 février 2017, le secrétaire général de l’ONU
dénoncele risque de famine dans l'Est Africain