dimanche 12 février 2017

Abattoir humain

Le rapport d'Amnesty International sur la prison de saidnaya



Saidnaya

Abattoir humain

La fin de la vie

La fin de l'humanité

Espace clos absurde

Où des hommes s'accrochent à rien

D'espoir

Quand les attend la pendaison

Une table qui branle

C'est le tribunal en sous-sol

Une minute pour perdre la vie

A l'étage on entend

S'étouffer gargouiller

Des gamins parfois

Trop légers pour mourir

D'un coup net

Qu'on décroche et qu'on brise



Saidnaya

Partout et nulle part

Pont en feu vers l'abandon

La terreur le néant

Des bourreaux qui se fuient dans la fête

Les victimes annulées

Quelque chose d'immanent

Passant les siècles

Comme si l'homme n'avait de cesse

De détruire ses rêveurs








7 février 2017, rapport d'Amnesty International
sur la prison Saidnaya de Damas , Syrie

dimanche 29 janvier 2017

Rien que le mot torture








Les Lumières s'éteignent

Le cosmos disparaît

Aspiré au trou noir

De la cuvette Trump




Au pied de la frontière

S'épanouit la fleur

Mauvaise décorée d'os

Sur le mur du malheur



Adieu Diego adieu Frida

La fresque solidaire

Se dissout dans la frasque

Du brasseur d'idées fixes



Et la torture s'ouvre

Les bras de l'avenir

Autorisée à tuer

L'homme dans l'homme


Peuple racorni

Peuple renfermé

Peuple privé de lui-même

Il veut

Peuple réfugié

Loin des réfugiés

Suspendu à la mèche

D'un allumé de la capsule

Quelqu'un voulait cela ?



Trump légitime la torture
27 janvier 2017

Femme russe







Femme russe
Tu n'es pas homme
A contester
A réclamer
A discourir
A riposter

Femme russe
Tu es femme
Et femme se tait
Dans le secret
D'un nez cassé
Les yeux noircis
Les seins bleuis
Le sexe sale

Femme russe
Tu vis tu bois tu trimes
Et c'est assez
 
La Russie dépénalise la violence domestique, 27 janvier 2017

samedi 28 janvier 2017

Trump hatte besseren Halt !








Trump n'a qu'à bien se tenir !


La loi sur l'insulte à un dirigeant étranger 
en passe d'être abolie en Allemagne
27 janvier 2017

mercredi 11 janvier 2017

Pablo






Ogre jouisseur

Restituant la vie 
En cantos telluriques

Neruda sénateur

Doit fuit la répression



Traqué le poète 
Se défait de la douillèterie

Qu'offrent argent renommée carrière

Rares deviennent les excès

Pablo survit d'amour et d'écriture



Quand le Parti inquiet

Sème ses poursuivants

Lui sème des indices

Pour exciter un flic obtus

- Oscar Pelluchonneau -

A coups de livres-signes

Lui révélant qu'il a raison

Ce Neruda de même sang



La lumière dit le poète

L'emportera sur l'ombre

Le mot sur le pouvoir

La rime sur le canon

La lutte s'achève en altitude

Au champ neigeux

D'un arrondi d'araucarias

Entre Chili et Argentine

Larrain tue le policier

Ressuscite le poète

Libre à Paris retrouvé

Chantant son General

Gêné un peu

Au coin de l'œil

D'un souvenir

Pelluchonneau

Ombre au Pablo

« Pablo » film de Pablo Larrain le 4 janvier 2017

samedi 31 décembre 2016

Flux





L'enfant bouscule le monde
Le pousse il répond
Le lance il revient
Joue avec
Un bâton à l'épaule

L'enfant court
Vite pour devenir garçon
Qu'une fille rejoint
Les bras écartés
Bleu comme la mer lui
Elle les cheveux au ciel

Le monde va ses cahots
Perd en rondeur
La joie tourne
- Plus tard tôt enfin si vite -
Ils découvrent un visage
De lumière lisse
Le fils
D'une jeunesse
Dont la poitrine déborde

Le monde heurte
L'homme devenu seul
Dévie sa trajectoire
Confond le dur qu'il était
Au doux qu'il voulait être
Le vieux revoit le bois
Porté à l'épaule
La fille dans la dune
Et l'oeil du cosmos
Qui le transperce




25 décembre 2016 Talence

mardi 20 décembre 2016

Marcel Gotlib



Marcel Gotlib

Il va faire rire qui Marcel au paradis
Quels anges va-t-il prendre sous l'aile de sa plume
A quels gros seins se dévouera-t-il 
Déjà acteur dans ses pièces
Dieu se mordra bien la barbe
En le voyant arriver

Même enchaîné à sa table à dessin
Même sommé de dérider le ciel et l'enfer
D'en rire et d'en faire rire
 Jovial il restera Marcel
Pour unir dans les mêmes fluides
Les hommes et les dieux

Certes
Ce sera rude tâche 
De tromper l'éternité
Marcel réfléchit
Se prend les pieds dans ses pinceaux
Hésite à se tremper dans l'encrier
Puis allez c'est décidé
Il croquera la vie à nouveau
De son humour carré noir
Convoquant souris, lurons, samouraïs,
Tarzan bandant et nains lubriques

Un petit blanc Marcel ?


Marcel Gotlib, 14 juillet 1934-4 décembre 2016